| Réponse à l’article du Figaro du 13-1-2013 par le Pr. Séralini |
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TOXICITÉ CONFIRMÉE DES OGM, DES PESTICIDES… ET DE LEURS LOBBIES. Les critiques scientifiques contre notre recherche sur la toxicité à long terme d’un OGM agricole et du principal herbicide du monde s’essoufflent enfin, et nous publions dans la même revue de toxicologie alimentaire en ce début 2013 un nouvel article qui répond point par point à nos détracteurs. Ceux-là décident alors de passer à l’étape supérieure : la diffamation ad hominem. Et ils trouvent apparemment quelques oreilles bien complaisantes… Ainsi donc, me voilà maintenant lié à une secte parce que j’ai testé dans mon laboratoire les produits pharmaceutiques d’une compagnie, Sevene Pharma, qui met au point des extraits de plantes détoxifiantes et dont certains actionnaires auraient fait partie d’une organisation soi-disant sectaire. Ce ragot, qui rappelle l'histoire de « l'homme qui a vu la femme qui a vu l'homme qui a vu l’homme qui a vu l'ours », ne répond pas vraiment à l’éthique journalistique, qui consiste à « rechercher, vérifier, situer dans son contexte, hiérarchiser, mettre en forme, commenter et publier une information de qualité ». Soit dit en passant, j’ai également testé les produits de Monsanto sans qu’on me tienne pour autant responsable du curriculum de leurs actionnaires, ni qu’on me soupçonne d’être tombé sous leur influence, tant s’en faut. Ces rumeurs sont simplement ridicules, et je n’aurais pas pris la peine d’y répondre, si elles ne risquaient d’avoir de très graves conséquences : En essayant de salir ma réputation, on tente de décrédibiliser mes travaux et l’on met peut-être ainsi indirectement en danger la santé de millions de gens. Alors, de quoi s’agit-il ?
Le
Figaro du 10 janvier publie, sous la plume de quelqu’un qui a
toujours égratigné tant qu’ilpouvait nos
recherches, un long article en rubrique
« sciences », titré « OGM : les
liaisons dangereuses du Pr. Séralini ». L’auteur s’appuie
sur une pseudo-enquête pleine de contre-vérités d’un blogueur qui cache à peine
sa militance éhontée en faveur des OGM agricoles et dont les intérêts
financiers qu’il entretient avec les firmes semencières viennent
d’être dévoilés par Le Monde. Bien sûr, une
plainte en diffamation va suivre. Chacun aura compris que la bassesse des
attaques dont je fais l’objet est inversement proportionnelle à la
hauteur des enjeux économiques liés aux OGM agricoles
et aux pesticides. Il s’agit en effet de breveter, grâce aux
biotechnologies, la base même de l’agro-alimentaire ! Et
l’évitement de tests sérieux de plus de trois mois sur des mammifères, grâce
à la complicité des agences sanitaires se répondant en écho, ne fait
qu’augmenter la rentabilité de ces nouveaux aliments. C’est peut-être là que se
situent les liaisons dangereuses entre scientifiques et industriels ! Qu’il soit donc bien clair que : 1° La Société Sevene Pharma,
qui vend des médicaments en pharmacie, n’a participé ni de près ni de
loin aux financements de nos travaux sur les OGM. 2° Il est vrai qu’une thèse menée dans
mon laboratoire, cofinancée par le Conseil Régional de
Basse-Normandie, a porté sur les tests d’extraits de combinaisons de plantes
mis au point par Sevene Pharma : nous avons évalué
la détoxification de cellules humaines, et ça marche ! La firme vend des
produits homéopathiques, c’est son droit le plus strict, mais une simple
enquête aurait pu montrer, puisque ces travaux sont publiés, que nos
expériences n’ont pas porté sur ceux-ci, mais sur des produits liquides de
phytothérapie. Peu importe. Je revendique de travailler sur les effets de la
pollution et de la détoxification depuis longtemps et je continuerai, n’en
déplaise à certains. Et, oui, je continuerai à rendre publics ces
résultats que je juge importants à traversde nombreuses conférences et
formations, de livres, et d’articles scientifiques dans
des revues à comités de lecture, c’est-à-dire expertisés par
des pairs. 3°.
L’article du Figaro mentionne en sous-titre que notre
étude sur les OGM aurait été « désavouée par la communauté
scientifique ». Mais laquelle ? Comme ce journal aurait pu le
vérifier sur le site du CRIIGEN, nous avons reçu plus de 300
signatures de soutiens et félicitations de scientifiques de trente-trois pays
du monde sur cinq continents (sans compter les milliers de citoyens
chaleureux et attentifs que je remercie aussi). De plus, aujourd’hui, la plus
importante revue internationale de toxicologie alimentaire,
malgré des pressions incroyables, confirme la validité de notre
publication sur la nocivité d’un OGM et de l’herbicide Roundup et publie
nos réponses aux critiques, dont la bêtise n’a parfois d’égal
que l’ignorance crasse du sujet de la part de leurs auteurs (qui n’ont d’ailleurs
jamais rien publié, ni sur les OGM ni sur la toxicologie) ! Au
final, nos adversaires représentent une quarantaine de lobbyistes et
groupements, qui se sont empressés d’agir en chœur dès les
premiers jours. Quant aux avis négatifs des agences sanitaires sur la
validité de notre étude, ils étaient malheureusement plus que prévisibles.
Comment espérer que ceux-là mêmes qui ont contribué – c’est leur rôle premier –
à autoriser ces produits (sur la base de tests de la compagnie Monsanto huit à
dix fois moins longs et détaillés que les nôtres !), qui ont toujours nié
les signes de toxicité que nous y avons vus, et qui se refusent toujours à
communiquer leurs données, comment espérer que ceux-là se désavouent un jour en
reconnaissant la validité de toute ou partie de notre étude ? Enfin, outre
que je ne connaissais pas les activités d’IVI, la fameuse organisation
incriminée (et que je n’avais pas même entendu parler d’Yvonne
Trubert, citée, ni de son histoire), le personnel de Sevene
Pharma, à commencer par son P.-D.G., qui disent ne pas faire partie
d’IVI, n’ont jamais fait aucun prosélytisme envers moi ou mon équipe. Par
ailleurs, IVI affirme avoir gagné en justice contre ce qu’on leur reproche, et l’affaire
en question remonte à… 25 ans (1987) ! Les membres de
notre équipe de recherche étaient bien jeunes, certains même pas nés... Il
se trouve que je ne choisis pas mes relations professionnelles en fonction de
leur religion, cela concerne leur vie privée. Utiliser cette affaire
pour tenter de jeter le discrédit sur mes travaux scientifiques est donc
fondamentalement malhonnête. Et l’on peut
se demander, en retour, quels sont les intérêts ainsi servis, au nom du
« journalisme objectif »… |
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