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OGM : Monsanto invité à s'auto-évaluer avec 3 millions d'argent public

Mercredi 28 Mai 2014

Lancé en juillet 2013 par des agences sanitaires françaises, le projet d'étude sur les risques toxicologiques des OGM (RiskOGM) tourne à l'imposture scientifique et au gaspillage d'argent public. Pire, Monsanto dont les produits seront étudiés a été invité à participer à l’instance de dialogue créée pour cette étude.

En septembre 2012, des chercheurs de l'université de Caen, membres du CRIIGEN, publiaient la seule recherche toxicologique de long terme (2 ans) analysant les effets sur des rats d’un OGM (maïs NK603) et de l’herbicide Roundup, auquel il a été rendu tolérant. Saisie pour avis, l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) avait reconnu la carence de l'évaluation à long terme de ces produits, seulement testés sur 3 mois avant mise sur le marché. Sous le nom de projet Risk'OGM, le Ministère de l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Energie (MEDDE) débloquait alors un budget avoisinant les 3 millions d’euros dans le but initial de réaliser une étude de long terme visant à étudier plus en avant la toxicité CHRONIQUE du maïs NK603 et du Roundup.

Après un appel à projet biaisé lancé en plein été, seuls l’INRA, l’INSERM et l’ANSES ont présenté conjointement une proposition d'étude et de protocole pour répondre à l'offre du ministère. Or l’étude proposée par ces organismes ne porte que sur 3 mois, éventuellement prolongée à 6 mois, et ne concerne que le seul maïs NK603 sans l’herbicide Roundup. Nous savons d’ores et déjà, tout comme l’ANSES qui ne peut l’ignorer, que l’étude proposée est insuffisante et sera donc non conclusive. Un délai de 3 mois (comme celui de 6 mois) est en effet trop court pour analyser une toxicité chronique, notre étude l’ayant d’ailleurs montré spécifiquement pour cet OGM et l'herbicide Roundup. Le budget conséquent alloué à cette étude aurait pourtant pu permettre de mener une analyse plus ambitieuse et plus longue.

Nous apprenons par ailleurs que l’entreprise MONSANTO elle-même, en la personne de Yann Fichet et sous la casquette du lobby pro-OGM EUROPABIO, a été invité à participer à cette prétendue « instance de dialogue ». Ce comité semble désormais noyauté par les semenciers et pro-OGM : on y retrouve également LIMAGRAIN et BAYER CROP SCIENCES, ainsi que de l’Association Nationale des Industries Agroalimentaires (ANIA). Nous ne pouvons concevoir notre participation aux côtés de ceux-là mêmes qui usent de toutes les actions de lobbying pour permettre l’acceptation et la commercialisation de leurs produits dans la plus grande carence et opacité d’évaluation.

Pour le Pr Gilles-Eric Séralini : « en tant que scientifiques et auteurs de l’étude à l’origine de cette initiative de la part du Ministère (MEDDE), nous dénonçons vivement l’insuffisance du protocole  ainsi que la composition partiale et sans légitimité scientifique de l’instance de « dialogue » créée pour ce projet. Notre rôle serait de participer activement à la construction d’un protocole qui satisfasse pleinement les recommandations initiales portant sur le besoin d'une étude chronique de long terme. Or il n'y a jamais eu de dialogue sur ce point au sein d’un comité qui n’a d’orientation que le nom. »

Le président du CRIIGEN, Joël Spiroux de Vendômois, tire donc les conséquences qui s'imposent : « nous avons décidé de nous retirer car nous ne voulons pas cautionner ni un tel gaspillage d’argent public, ni des conflits d’intérêt que nous dénonçons depuis toujours. Nous demandons au MEDDE d’arrêter ce projet tant qu’il en est encore temps, afin qu’il réoriente ses fonds publics dans une étude digne de ce nom, plus ambitieuse et scientifiquement pertinente, permettant de répondre sans ambiguïté aux questions de santé publique entourant les OGM et les pesticides. »

Contact : presse@criigen.info Tel : 02 31 56 56 84 ou Nicolas Defarge 07 60 45 56 77