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Rapport ISAAA : Etat mondial des plantes biotechnologiques/GM commercialisées 2007

Vendredi 4 Avril 2008

L'article suivant est tiré des données produites annuellement par l'ISAAA, Service international pour l'acquisition d'applications agricoles biotechnologiques, une fondation financée par l'industrie et le gouvernement américain.

D'après les chiffres fournis par l'industrie, en raison des bénéfices importants et systématiques durant les douze premières années, 1996 - 2007, les superficies des cultures de plantes biotech par les fermiers ont augmenté d’année en année. En 2007, pour la douzième année consécutive, la superficie mondiale de plantes biotech a continué à grimper en flèche. Fait étonnant, la croissance s’est poursuivie à un taux soutenu à deux chiffres de 12 % (12,3 millions d’hectare - 30 millions d’acre), la deuxième plus forte augmentation de la superficie mondiale des cultures biotech durant les cinq dernières années, pour atteindre 114,3 millions d’hectares (282,4 millions d’acres). Durant la première douzaine d’années, les plantes biotech ont apporté des bénéfices économiques et environnementaux importants aux fermiers tant dans les pays industrialisés que dans les pays en voie de développement, dans lesquels des millions de fermiers pauvres ont aussi tiré avantage de bénéfices sociaux et humains qui ont contribué à la diminution de leur pauvreté.  De manière à tenir compte avec plus de précision de l’utilisation actuelle et croissante des variétés avec deux ou trois gènes « empilés », qui concentrent une série d’avantages en une seule variété, l’augmentation de l’adoption est mesurée en « caractère hectares » plutôt qu’en hectares, ce qui est similaire à la mesure des voyages aériens en « passager miles » plutôt qu’en miles.  La croissance, mesurée en « caractères hectares » entre 2006 (117,7 millions) et 2007 (143,7 millions) était de 22 % (ou 26 millions d’hectares), reflétant la croissance actuelle entre 2006 et 2007, qui est environ le double de la croissance apparente de seulement 12% (ou 12,3 millions d’hectares) lorsqu’elle est mesurée de manière traditionnelle en hectares. 

En 2007, le nombre de pays ayant cultivé des plantes biotech a augmenté pour atteindre 23 pays dont 12 pays en voie de développement et 11 pays industrialisés. Ce sont, par ordre de superficie, les USA, l’Argentine, le Brésil, le Canada, l’Inde, la Chine, le Paraguay, l’Afrique du sud, l’Uruguay, les Philippines, l’Australie, l’Espagne, le Mexique, la Colombie, le Chili, la France, le Honduras, la République Tchèque, le Portugal, l’Allemagne, la Slovaquie, la Roumanie et la Pologne.

Il est intéressant de noter que les huit premiers pays cultivent chacun plus d’un million d’hectares. La forte croissance sur tous les continents en 2007 fournit une fondation très large et stable pour la croissance mondiale future des plantes biotech. Les deux nouveaux pays cultivant des plantes biotech en 2007 sont le Chili, qui a produit sur plus de 25’000 hectares des plantes biotech pour l’exportation de graines, et la Pologne, un pays européen, qui a cultivé du maïs Bt pour la première fois. La superficie cumulée de 1996 à 2007 a excédé deux tiers d’un milliard d’hectare pour la première fois avec 690 millions d’hectares (1,7 milliards d’acre), soit une augmentation sans précédent de 67 fois entre 1996 et 2007, en faisant la technologie végétale la plus rapidement adoptée de l’histoire.

Ce très fort taux d’adoption par les fermiers reflète le fait que les plantes cultivées biotech ont invariablement eu de bonnes performances et apporté des bénéfices économiques, sociaux, pour l’environnement et la santé importants tant aux petits qu’aux grands fermiers des pays en voie de développement et industrialisés. Ainsi, c’est un vote fort de confiance d’environ 55 millions de décisions individuelles de fermiers de 23 pays durant une période de douze ans qui ont décidé, année après année, de cultiver des plantes biotech, après avoir eu une expérience avec les cultures biotech de première main dans leurs propres champs ou vu  ce qui se passait dans les cultures de leurs voisins. Notamment, 2007 est la première année où le nombre cumulé de décisions de fermiers d’utiliser les plantes biotech a dépassé les 50 millions.

En 2007, les USA, suivis par l’Argentine, le Brésil, le Canada, l’Inde et la Chine ont continué à être les principaux utilisateurs des plantes biotech dans le monde. Les USA sont en tête du classement mondial avec 57,7 millions d’hectares (50% de la superficie totale des cultures biotech) encouragés par le marché de l’éthanol en croissance avec une forte augmentation des superficies de maïs biotech de 40%. Ceci a été en partie compensé par une petite diminution du soja et du coton biotech.  En particulier, 63 % du maïs biotech, 78% du coton biotech et 37% de toutes les plantes biotech aux USA en 2007 étaient des produits, contenant des empilements de deux ou trois caractères, qui apportaient des avantages multiples. Les produits avec un empilement de gènes sont des éléments très importants et la tendance future. Ils répondent aux besoins multiples  des fermiers et des consommateurs. Ils sont maintenant de plus en plus utilisés par dix pays : USA, Canada, Philippines, Australie, Mexique, Afrique du Sud, Honduras, Chili, Colombie et Argentine. D’autres pays devraient utiliser les variétés avec des empilements de gènes dans l’avenir.


Les plantes biotech ont atteint un jalon très important en 2007 avec des incidences humanitaires : le nombre de petits fermiers à faibles ressources ayant bénéficié des plantes biotech dans les pays en voie de développement a dépassé 10 millions pour la première fois. Sur un total mondial de 12 millions de fermiers qui ont bénéficié des plantes biotech en 2007 (au lieu de 10,3 millions en 2006), plus de 90 % soit 11 millions (beaucoup plus que les 9,3 millions en 2006) étaient des petits fermiers à faibles revenus des pays en voie de développement. Le reste, un million, était des  gros fermiers tant des pays industrialisés comme le Canada que de pays en voie de développement comme l’Argentine. Parmi les 11 millions de petits fermiers, la plupart cultivaient du coton Bt : 7,1 millions en Chine (coton Bt), 3,8 millions en Inde (coton Bt) et le reste, 100’000, aux Philippines (maïs biotech), en Afrique du Sud (coton, maïs et soja biotech souvent cultivés par des femmes, fermiers de subsistance) et les huit autres pays en voie de développement qui ont cultivé des plantes biotech en 2007. Cette contribution initiale, modeste, des plantes biotech à l’augmentation des revenus des petits fermiers à l’égard des Objectifs de Développement du Millénaire de réduire la pauvreté de moitié d’ici 2015 est un développement très encourageant et important, qui a un potentiel énorme pour la seconde décade de commercialisation, 2006-2015.

Durant la période 1996-2007, la proportion de la superficie mondiale des plantes biotech cultivées dans les pays en voie de développement a augmenté constamment chaque année. En 2007, 43 % de la superficie mondiale cultivée avec des plantes biotech (au lieu de 40% en 2006), soit l’équivalent de 49,4 millions d’hectares, ont été cultivés dans les pays en voie de développement où la croissance entre 2006 et 2007 était beaucoup plus importante (8,5 millions d’hectares soit 21 % d’augmentation) que dans les pays industrialisés (3,8 millions d’hectares, soit 6% d’augmentation). Il convient de noter que les cinq principaux pays en voie de développement partisans des plantes biotech se répartissent sur les trois continents du sud : Inde et Chine en Asie ; Argentine et Brésil en Amérique Latine et Afrique du Sud sur le continent africain. Ensemble, ils représentent 2,6 milliards de personnes, soit 40% de la population mondiale, dont 1,3 milliards de personnes qui sont totalement dépendantes de l’agriculture, y compris des millions de petits fermiers à faibles revenus et les ruraux sans-terre qui représentent la majorité des pauvres dans le monde. L’impact collectif grandissant des cinq principaux pays en voie de développement est une tendance continue importante qui a des incidences pour l’adoption future et l’acceptation des plantes biotech dans le monde. Chacun des cinq pays, étudiés dans les paragraphes suivants, a bénéficié des plantes biotech d’une manière différente. 

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  [Quelques compléments par Dominique Cellier]