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Comité
de Recherche et d'Information
Indépendantes
sur le Génie Génétique
Le
CRII-GEN
40
rue de Monceau
75008
PARIS
e-mail
: criigen@unicaen.fr
site
internet : www.crii-gen.org
-----------------------------------------------
La
Présidente à
SYNGENTA,
BIOGEMMA,
ADVANTA,
MERISTEM,
AGREVO,
DOW
AGROSCIENCES,
DUPONT
DE NEMOURS,
BAYER,
AVENTIS,
MONSANTO
France,
BASF
Agro,
NOVARTIS
Seeds,
MONSANTO
Europe.
Paris,
le 27 juillet 2001
objet
: liste des risques à étudier pour les OGM - LETTRE OUVERTE
-
Monsieur
le Président,
Le
CRII-GEN est un Comité de Recherche et d'Information Indépendantes
sur le Génie Génétique.
A
ce titre, il s'est donné pour mission, à défaut de
pouvoir conduire directement des recherches, de poser les questions qui
paraissent devoir l'être et d'attirer l'attention sur les risques
qui sont d'ores et déjà envisagés si ce n'est identifiés
et connus, en ce qui concerne les Organismes Génétiquement
Modifiés.
Dans
ces conditions nous avons l'honneur, très solennellement, de vous
indiquer les risques qui à notre connaissance sont déjà
très clairement identifiés en ce qui concerne la santé
et l'environnement.
Même
si les recherches ne permettent pas aujourd'hui, pour des raisons qui tiennent
aux choix qui volontairement ont été faits quant aux domaines
de recherches et quant à l'importance des investissements qui y
sont consacrés, de définir l'ampleur de ces risques et l'étendue
de leurs conséquences, nous tenons à affirmer que la connaissance
de l'existence même de ces risques est de nature à exclure
la possibilité pour les industriels dans l'avenir de se prévaloir,
dans le cadre de la responsabilité pour les produits défectueux
de l'exclusion de toute responsabilité liée au risque développement.
En
effet, pour que le risque développement trouve à s'appliquer,
il faut que le défaut du produit soit tel que le producteur ou bien
celui qui lui a été assimilé n'ait pu le découvrir
ni l'éviter, pour la raison que l'état des connaissances
scientifiques et techniques objectivement accessibles à sa connaissance
lors du moment de la mise en circulation du produit ne lui permettaient
pas.
Or,
il est tout à fait clair que l'on n'est plus dans le cadre d'un
risque développement dans la mesure où il n'y a aucune ignorance
pure et simple d'une impossibilité de connaître ou d'imaginer
le risque.
C'est
la raison pour laquelle nous venons par la présente vous indiquer
une liste non exhaustive des risques qui nous paraissent d'ores et déjà
tout à fait identifiés.
Il
va de soi que la décision de ne pas approfondir les recherches sur
ces risques ou de mettre en circulation des produits avant que les évaluations
ne soient faites, est une décision dont la responsabilité
vous incombe avec toutes les conséquence en termes indemnitaires
qui pourraient s'y attacher.
Les
risques notamment mis en lumière par notre Conseil Scientifique
sont les suivants :
-
Premièrement,
risques des OGM à mieux évaluer sur la santé :
a)
Le risque lié aux protéines insecticides produites
par 28 % des OGM commercialisés dans le monde, qui n'ont jamais
été homologuées comme produits phytosanitaires et
dont la toxicité sur les mammifères doit être réévaluée.
L'absence
d'éclatement des globules rouges humains in vitro en présence
de protéine tronquée (phénomène montré
pour une protéine Bt) et l'absence d'effet sur les échanges
électrolytiques ou la porosité des parois intestinales de
mammifères, devra être documenté, sachant que les protéines
Bt utilisées ont ce type d'effet chez des insectes, provoquant des
infections.
b)
Les risques liés aux herbicides, aux produits issus de la
métabolisation de ces herbicides par la plante ou l'animal, et aux
adjuvants et leurs métabolites associés à ces herbicides,
doivent être analysés selon une procédure renforcée
d'homologation de chaque herbicide concerné, notamment au niveau
des effets hormonaux, nerveux et immunitaires à moyen et long terme
chez les mammifères.
En
effet, cette question n'a jamais été traitée auparavant
pour les herbicides associés aux OGM, notamment car les plantes
traitées avec ce type de désherbants étaient en général
détruites et non consommées. Or, aujourd'hui des herbicides
peuvent être absorbés en grandes quantités par les
plantes tolérant un herbicide (71 % des OGM). Malheureusement, les
herbicides associés aux OGM ont été trouvés
neurotoxiques, mutagènes, et causant des problèmes de reproduction
sur le long terme.
c)
Le risque lié à l'utilisation de séquences virales
introduites dans la plupart des OGM. Il n'est pas pris en compte dans sa
composante temporelle et évolutive. Ne favorisent-elles pas les
recombinaisons génétiques et la susceptibilité des
plantes aux infections virales ? Que se passera-t-il lorsque l'intérêt
agricole ou industriel d'un transgène sera obsolète, mais
que le transgène perdurera sans contrôle dans les variétés
nouvelles en s'ajoutant aux autres transgènes ? Quelles expériences
ont réalisé les producteurs d'OGM pour s'en assurer ?
d)
Le risque de développement des allergies. Des tests cutanés
pour détecter les allergies éventuelles à tous les
nouveaux OGM doivent être mis sur le marché, les OGM rentrant
par leurs produits dérivés dans une vaste majorité
d'aliments.
e)
Des morts étant déjà dus à la dissémination
incontrôlée des gènes de résistance aux antibiotiques
(par infections résistantes), les OGM contenant des gènes
de résistance aux antibiotiques doivent être immédiatement
retirés des catalogues officiels des semences et interdits à
la culture, même expérimentale, s'il y a risque de dissémination.
f)
Les risques de désordres métaboliques causés
directement ou indirectement par un OGM, plante ou micro-organisme, peuvent
être liés à l'insertion aléatoire du transgène,
ou aux séquences surnuméraires inutiles, perturbant le métabolisme
de l'OGM de manière non facilement détectable par l'analyse
de l'équivalence en substance. Ils sont donc à évaluer
par des tests de longue durée de nutrition et de toxicologie préalables
sur mammifères.
g)
Les risques des micro-organismes génétiquement modifiés
(MGM). La directive européenne 98/81/CE modifiant la directive 90/219/CEE
relative à l'utilisation confinée de MGM exclut de son champ
d'application certaines techniques telles que la mutagenèse et l'autoclonage.
Cette formulation signifie que les MGM au sens législatif ne couvrent
qu'une partie des MGM au sens scientifique : quelque soit la qualité
des constructions génétiques réalisées, la
perte objective du sens du terme " MGM " conduit, d'une part, à
l'impossibilité de toute traçabilité créant
donc de nouveaux risques alimentaires, et, d'autre part, à la perte
de la liberté de choix pour le consommateur, et ce, dans les deux
cas, par absence d'obligation d'étiquetage.
Dans
l'attente de protocoles d'études et de mises en place de biovigilance
après commercialisation, toute mise sur le marché doit être
suspendue.
-
Deuxièmement,
les risques des OGM à mieux évaluer sur l'environnement :
a)
Les risques de dissémination et croisements (transferts génétiques
verticaux et horizontaux), des plantes, animaux et micro-organismes génétiquement
modifiés dans l'environnement (OGM au sens des directives européennes
ou non, comme les micro-organismes modifiés par autoclonage). Quelles
sont les assurances en cas de dégâts agronomiques, agro-alimentaires
ou environnementaux ? En effet, les modifications génétiques
importantes du vivant dans les conditions naturelles ne sont ni rattrapables
ni recyclables.
Notons
que 99 % des caractères introduits chez les OGM sont des caractères
d'envahisseurs (production d'insecticide ou capacité à vivre
en présence de désherbants) et qu'en ce sens ils remettent
en cause la biodiversité des écosystèmes.
b)
Les risques de contamination des semences ou des récoltes
non OGM par des traces d'OGM, même expérimentaux, dont les
séquences de détection devront être déclarées
à un registre public. De même, les contaminations de la chaîne
alimentaire seront à prendre en charge par les propriétaires
des événements de transformations génétiques
concernés.
c)
Les risques des séquences virales introduites dans la plupart
des OGM sur l'apparition de nouveaux virus par recombinaisons (voir 1 c).
d)
Les risques induits par l'application d'insecticides ou d'herbicides
en excès par rapport aux prévisions, même sur les
champs contaminés ou les zones non agricoles, pour gérer
les disséminations d'OGM, ou d'insectes liés aux OGM.
Il
résulte de cet impressionnant catalogue que non seulement le risque
de développement doit être totalement exclu dans le cas des
OGM mais encore un certain nombre de risques sont aujourd'hui suffisamment
identifiés pour considérer qu'il y a une véritable
imprudence à commercialiser ces produits sans que les évaluations
que l'OMS vient de recommander dans le cadre de la modification du Codex
alimentarius ne soient préalablement effectuées.
-
Enfin,
les conséquences sociologiques et éthiques sont également
considérables.
a)
Les conséquences liées aux nouvelles applications de seuils
alimentaires dus aux OGM en agriculture et pour la distribution alimentaire
et les risques potentiels et avérés sur la santé dus
à des contaminations d'OGM, doivent être pris financièrement
en charge par les producteurs d'OGM.
b)
Les risques liés aux prises de brevets sur des organismes vivants,
donc à l'appropriation des ressources, mais aussi à la standardisation
et la banalisation des êtres vivants en les transférant dans
le domaine de la technique, sont à évaluer en profondeur
car ils entraînent des modifications sociales.
c)
Les risques liés aux retards ou à l'absence de recherches
alternatives pouvant conduire à des innovations comparables
ou meilleures, non OGM sont à prendre en compte.
Dès
lors nous tenons solennellement à prendre date pour l'avenir quant
à la totale responsabilité de votre entreprise et de vous
même dans le choix que vous effectuez en toute connaissance de cause
de commercialiser les OGM et de les disséminer.
Je
vous prie de croire, Monsieur le Président, en l'assurance de ma
considération très distinguée.
La
Présidente,
Corinne
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